Il était une fois une petite poulette brune et blanche avec quelques plumes jaunes aussi. Elle s’appelait pâquerette, comme la fleur des champs.

Elle vivait cachée entre quelques planches abandonnées dans un vieux quartier au fond d’un bidonville.

Dans ce bidonville, il y avait beaucoup de familles et beaucoup d’enfants. C’était un bidonville très coloré, bruyant, agité mais une chose était sûre, il n’y avait pas grand-chose à manger.

Pâquerette, notre poulette, vivait parmi les gens mais cachée. Elle ne se montrait jamais en plein jour.

Bien trop risqué pour ses plumes. Pâquerette était sage !!

Mais en plus d’être sage, notre Pâquerette était un peu magicienne.

 

Une maman prénommée Sarah vivait seule dans la cabane la plus proche. Elle élevait ses 5 enfants du mieux qu’elle pouvait en travaillant comme femme de ménage la journée et en faisant de la couture la nuit tombée.

Pâquerette voyait tout cela.

C’est comme ça que notre poulette prit l’habitude d’aller pondre ses œufs dans un petit coin de la maison mais en pleine nuit. Chaque matin, la maman était émerveillée et faisait une magnifique omelette pour ses enfants. Ils ne partaient jamais à l’école le ventre vide. Sarah ne se demandait plus comment cela était possible ces œufs chaque jour.

Elle remerciait Dieu et la Vierge Marie de veiller ainsi sur toute la famille.

Dans la deuxième cabane en planches vivait un jeune couple avec un bébé. Ils étaient arrivés quelques jours auparavant et Pâquerette entendait souvent la jeune maman pleurer dans la journée. Notre poulette décida que là aussi, il fallait aider et chaque nuit, elle allait pondre quelques œufs dans cette masure.

 

Les jeunes parents ne comprenaient pas d’où venait cette manne mais l’acceptaient volontiers et remerciaient Dieu et la Vierge Marie de ce cadeau de vie.

 

Notre poulette Pâquerette était si gentille qu’elle ne se rendait pas compte qu’elle s’épuisait à la tâche. Pour avoir des forces, elle avait pris l’habitude d’aller picorer des miettes chez le boulanger en bordure de la ville. Juste avant le lever du soleil, elle se glissait près du fournil et picorait tout ce qu’elle pouvait.

 

Ainsi passaient les journées et les nuits de Pâquerette.

 

Mais un matin, dans la boulangerie, catastrophe !!

Pâquerette est vue par Ernesto le boulanger.

Il l’attrape et veut la jeter dehors quand son regard croise celui de la poulette.

 

Et stupéfait, il l’entend même parler !! Voilà ce qu’elle lui dit ce matin là

 

« Merci Ernesto de me prendre dans tes bras, je suis si lasse.

Je ponds sans arrêt pour nourrir les enfants.

Je ne sens plus mes pattes tellement je marche.

Tu me portes et mon cœur se dilate.

Merci de me laisser picorer quelques miettes.

J’ai tant besoin de me nourrir car la vieillesse me guette.

Qui pondra des œufs quand je serai trop vieille ?

J’ai peur pour tous ses enfants.

Je suis la seule poule du quartier, je n’en connais pas d’autre.

 

Mais je suis heureuse d’avoir croisé ton chemin.

Alors on se revoit demain »

 

Pâquerette la poulette est rentrée chez elle et a dormi, dormi, si bien qu’elle n’a pas pondu d’œufs cette nuit là.

Elle a entendu les pleurs.

Le soir venu, elle a pondu bien plus d’œufs que jamais dans sa longue vie. Chaque famille pouvait manger pendant quelques jours sans soucis.

 

Elle alla voir Ernesto et lui dit :

« Prends moi dans tes bras, je suis si lasse.

Je ponds sans arrêt pour nourrir les enfants

Mais je crois que je n’y arriverai plus.

Hier en rentrant j’ai dormi, dormi et j’ai rêvé.

Tu me portes et mon cœur se dilate

Je sens l’amour en toi et je crois que j’ai besoin de toi.

Mes œufs nourrissent quelques personnes mais tant d’autres ont faim.

Voilà ce dont j’ai rêvé.

Bientôt nous allons fêter la résurrection de Jésus Christ, nous allons fêter Pâques.

Ce jour là, nous devons tous être en joie et nourris aussi.

Pour remplacer mes œufs, peux-tu m’en fabriquer toi, mais en chocolat ?

 

Ernesto regarda la poulette et eut un large sourire.

 

Il posa Pâquerette la poulette sur un tabouret.

 

Elle le vit aller, venir, pétrir, cuire, rouler, souffler.

Une heure après, le voilà qui revint vers Pâquerette un panier à la main.

 

« Regarde », lui dit-il,  « ton souhait est exaucé.

Voici des dizaines et des dizaines d’œufs en chocolat.

 

Demain, c’est dimanche, c’est Pâques !

Pendant la messe, nous irons toi et moi cacher des œufs en chocolat dans toutes les cabanes et masures du bidonville et il y en aura tellement que les gens pourront même les vendre à la ville.

 

Ainsi Pâques sera la plus belle fête pour tous. La joie de la résurrection sera intimement liée à la joie du partage, au sourire des enfants et à l’avenir riant.

 

Car, moi Ernesto, je me dois de faire comme toi Pâquerette. Je prendrai soin des enfants du bidonville et je prendrai soin de toi. »

 

Pâquerette si petite a ému Ernesto.

Il a pris soin de donner du pain et a raconté sans fin l’histoire de Pâquerette la poulette.

D’ailleurs, elle est installée dans un panier sur le comptoir de la boulangerie.

Elle en a des caresses et des sourires.

Et depuis ce dimanche de Pâques où deux cœurs ensemble ont inventé une tradition d’amour et de partage, les œufs en chocolat se sont propagés à travers le monde.

 

Regarde bien, tu en trouveras sûrement et tu sauras toi aussi le transformer en amour.

 

Bettina

3 mars 2017

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