Parlons d’intuition

Une chose singulière que l’intuition, d’abord parce qu’elle se conjugue à l’unité, avoir une intuition, et ensuite parce qu’elle est intime.

Pour apprivoiser l’intuition, il faut y croire et apprendre à la recevoir. Cela nécessite une forme de calme et d’intranquillité qui nous oblige à nous ouvrir à la perception.

Plus simplement, il faut être à l’écoute et laisser passer les signes. Ils peuvent prendre la forme de rêves, de sensations, de rencontres, de surprises, autant de marqueurs dans notre inconscient.

J’ai tout d’abord l’intuition de Dieu, c’est ce qui fonde ma foi. C’est ce qui ancre l’inexplicable. J’ai accueilli cette sensation comme essentielle.

Ensuite, j’ai l’intuition de mes enfants. Pendant des années, je les ai ressentis, même à distance. Là, je peux parle d’intranquillité car l’intuition est souvent une alerte, la sensation que quelque chose va arriver. Se pose alors le problème de l’utilisation de cette information qui m’habite physiquement. Prévenir, alerter, attendre, faire confiance, envoyer des ondes positives, il n’y a pas de bonne réponse, juste la vie. Cette intuition maternelle s’est transformée au fil des années, comme si le transfert était accompli.

Et vient l’intuition au quotidien. La plupart du temps, elle sera suivie sans être conceptualisée, par habitude de prendre cette fraction de seconde avant d’agir. Mais on a aussi besoin de la solliciter selon les étapes dans nos vies, privée et professionnelle. Là, il faudra prendre le temps, offrir l’espace, et comme disait Einstein, « avoir cette sensation au bout des doigts ». Si l’intuition est singulière, notre personnalité est multiple. Pour répondre à une question envahissante, il va falloir aller chercher le bon allié en nous, le côté de nous qui peut agir au mieux. La réponse peut venir en rêve pendant notre sommeil ou bien pendant un temps de calme et d’introspection, divagation de l’âme.

L’intuition fascine. Instinct, présentiment, prémonition, don, magie ? C’est en fait une faculté à la portée de tous, notre « petite musique intérieure », une aide précieuse. Libre à nous de la suivre.

Bettina Kerstens-Mesclon

17 avril 2020