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Poème d’un soir

 

Quelques gouttes de rosée brillent ce matin au lever du soleil.

Le monde appartient encore à la nuit mais l’éveil approche.

La nature frissonne.

Les gouttes s’évaporent lentement et emportent nos songes.

Journée naissante, mais attention à la vie du coquelicot,

Une fleur unique qui appartient à la terre et seulement un temps.

Vanité que de vouloir la posséder.

Doux, éphémère, ne soyons pas amers. Regardons et éveillons-nous.

La journée sera ce que l’on en fera.

 

Le coquelicot

« Rosée tu es lourde ce matin.

Mes pétales ploient.

Roule gouttelette, va abreuver l’herbe et le sol,

Laisse-moi mes heures vives, le carmin de mes atours.

Réveille le vert de mes feuilles, nourrit mes racines »

 

Luciole

« Je m’éteins, je suis fatiguée, tant volé pour tout illuminer.

Je peux encore faire briller la rosée sur ta robe rouge le temps d’un baiser,

Puis j’irai me reposer pour mieux redevenir lumière.

Je vole me cacher, m’abriter des dangers.

A ce soir beau coquelicot. »

 

Coquelicot

« Quelle chance tu as de trouver un abri.

Moi ma vie est ici, mon temps est compté.

C’est ainsi depuis l’éternité mais sais-tu ce que j’aimerai ?

Une seule journée, sans danger, où je pourrai tournoyer, laisser mes pétales étinceler,

Ma corolle tournoyer, mon rouge éblouir même le soleil et être beau,

Le coquelicot le plus beau. »

 

Et la marguerite de dire : « Je suis belle mais l’amour me fait mal aux pétales »

 

Ah marguerite, toi si vigoureuse, bien ancrée dans la terre et de famille si nombreuse,

Tu souffres toi aussi.

 

Le fleuve essaie d’être fleuve. N’essaye pas d’être utile, essaie d’être toi.

 

Bettina, 17 août 2018